Peintres & artistes du bassin
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Martine Gonnin, peintre du Bassin.

Installée depuis plus de quinze ans à Andernos, Martine Gonnin ouvre sa Maison Bleue à Grand Piquey.

atelier Martine Gonnin.Photo sophie Juby

Cet ensemble immobilier construit autour de trois cabanes ostréicoles était précédemment dévolu à la vente de mobilier d’extérieur façon Adirondack. Déjà, j’adorais ce lieu très art brut, très East Coast. Aujourd’hui, l’atelier a été entièrement redécoré par Martine. Elle y a installé sa peinture en grand, donnant ainsi la vraie mesure de son talent. Sur les murs repeints en bleu, elle a accroché des grands formats, souvent des triptyques et même des polyptyques.

Son travail se décline autour de trois thèmes principaux : les femmes, le bassin d’Arcachon et le vin. Les femmes à la silhouette élancée vont souvent par trois. Elles inclinent leur long cou vers leurs sœurs ou amies. Les yeux en amande sont surdimensionnés alors que le nez ou les cheveux se réduisent à quelques traits. Tu y verrais bien un air de Modigliani, mais Martine ne s’encombre pas de références au passé. Autodidacte, elle a crée son propre langage libre, coloré et fougueux.

 

Le bassin est souvent représenté sous forme de pinasses aux courbes pleines, aux ventres rebondis ou alors Martine peint les cabanes ostréicoles avec la même générosité dans les formes et les maisons tanguent gentiment sur la toile.

tableau Martine Gonnin. Photo Sophie Juby

L’univers du vin lui est présent sous forme de natures mortes, bouteilles et verres à vin souvent peints en monochrome.

La couleur, Martine en joue. Elle sait alterner des tableaux aux teintes sourdes avec des œuvres chatoyantes et multicolores comme si au travers de sa peinture elle se peignait elle-même. Une femme solaire, séductrice et fantasque. A la fois féminine et féministe, elle gère son travail en vrai chef d’entreprise et sait parfaitement décliner ses originaux en reproduction accessible au plus grand nombre. Sa vie et sa peinture se confondent. On pourrait même voir dans certains portraits aux non couleurs de beige et de taupe le reflet de moments de spleen chez celle à qui la vie n’a pas toujours fait de cadeaux. Mais avec beaucoup de pudeur, Martine dans notre entretien ne fera que survoler les sujets douloureux et émouvants de sa vie; si un voile de tristesse vient parfois assombrir ses magnifiques yeux bleus, la formidable énergie qui l’anime reprendra le dessus très vite.

martine Gonnin.Photo Sophi eJuby

 

Sophie Juby : Merci de m’accueillir dans ce magnifique espace qui met si bien ton travail en valeur. Tu peux nous en dire un peu plus sur cet endroit ? Comment le projet est-il né ?

Depuis trois ans, j’étais installée au Canon. Le propriétaire était dans l’attente de son permis de démolir et je cherchais un autre magasin-atelier. Ce local, bien situé à côté de la célèbre boulangerie chez Pascal, je l’avais repéré pour ses meubles en bois. J’aimais ses grands volumes et sa situation au bord de la route du cap Ferret. J’ai commencé par acheter du mobilier aux anciens locataires, l’entreprise Patination. J’ai sympathisé aves les gérants et nous avons fini par conclure la vente du pas de porte.

Je suis donc ici depuis deux mois. J’ai complètement investi l’espace que j’ai réaménagé. C’était un magasin dedans dehors complètement ouvert sur l’extérieur, j’ai donc fait poser des portes et repeint l’extérieur en bleu, une couleur que j’affectionne tout particulièrement depuis deux ans.

C’est ma Maison Bleue. Un lieu atypique qui convient bien à ma personnalité.

 

Sophie Juby: J’aimerais déjà comprendre quelle est ton idée de la peinture, ton envie quand tu te mets devant une toile blanche ?

La peinture, c’est un besoin. Peindre c’est une passion naturelle qui me met en activité, mon moyen d’évacuer toute mon énergie. Peindre c’est aussi une thérapie.

Je ne cogite pas à l’avance. Je me place devant la toile et je travaille d’instinct même si ma peinture est l’aboutissement d’un long travail. Je suis dans la rapidité, dans l’énergie. J’ai hâte de terminer pour voir le résultat. Ma peinture continue de me surprendre.

 

Sophie Juby : Cette passion pour la peinture, tu la portes en toi depuis toujours ? Ou bien cette envie est venue à un moment particulier de ta vie ? Tu peux nous tracer brièvement ton parcours ?

La passion remonte à mon enfance. A l’école, je préférais les cours de dessin. J’ai toujours aimé la couleur. Jeune femme, je peignais pour moi, je vendais mes tableaux sur le port de Saint Tropez. Vers trente ans, j’ai j’ai commencé à exposer, je cherchais à gagner mon indépendance par la peinture.

 

Ton mode de travail : en atelier ou en extérieur ? Tes paysages sont – ils réels ou imaginaires

Tout est imagination. Je ne dessine pas, je peins. Cependant mon trait se structure ?

Mon moteur, c’est la couleur.

J’ai une grande énergie qui me fait commencer mon travail de façon brutale. Ensuite je reviens sur mon tableau, je vais régler ma peinture.

l'atelier de Martine Gonnin, grand piquey.

Martine Gonnin. Photo Sophie Juby

 

Les qualités que tu préfères chez un artiste ?

  • L’intégrité
  • L’humilité devant son travail
  • La spontanéité
  • La capacité de travail

 

Quelle technique te correspond le mieux ?

  • L’acrylique & le couteau.
  • L’acrylique sèche vite, est très robuste et le couteau donne un effet brut. Les grands formats

 

Tu peins le bassin et de drôle de femmes aux visages allongés un peu à la façon de Modigliani. Est-ce un peintre qui t’inspire ou as tu d’autres références ?

Ni Modigliani, ni Picasso comme on me le suggère parfois. Je suis fermée aux références extérieures. Même isolée dans une pièce aveugle, je pourrais parfaitement travailler.

 

Dans tes tableaux, les femmes vont souvent par deux ou trois, est-ce un hymne à la sororité ou juste un effet esthétique ?

Surtout un parti pris esthétique.

J’aime les grands formats et je préfère peindre dans la hauteur. J’occupe tout l’espace donc je divise mon tableau et duplique les personnages. J’ai besoin de diviser.

On peut aussi y voir une forme d’humour, d’échange avec mon public.

Pour conclure par un clin d’œil, on continue avec l’Interview bassin

 

D’ici ou d’ailleurs ?

      • Ailleurs

Martine Gonnin.Photo Sophie Juby

 

Une belle journée au Ferret c’est quoi ?

      • Me balader avec mon amoureux.

Une adresse pour diner ?

      • L’Escale à la jetée Bélisaire au Cap Ferret.
      • Ils sont gentils et très pro. Le bonheur de manger au bord du l’eau.
      • Au quotidien, j’aime bien les petits plats frais de Chez Ricardo au Canon et le sourire de Sarah.

Une adresse pour boire un verre ?

      • N’importe où ou l’on trouve de la Leffe ou un bon petit rosé.

Plutôt bassin ou océan ?

      • Une source d’inspiration, une respiration, un cadeau à l’artiste que je suis.

 Lemoine ou Fredelian ?

      • Ni l’un, ni l’autre ; Je ne suis pas très sucré.

Tes projets, ton actu ?

      • Mon actu, c’est cette maison bleue à Grand Piquey, un atelier ouvert au public. J’y crois beaucoup.
      • Et puis, je veux rester indépendante, vendre moi-même mapeinture. Je me suis fait une petite folie, je m’installe pour la saison à Arcachon 13 rue Jehenne à la sortie du parking du marché couvert. J’y peindrai deux fois par semaine.

La Maison Bleue, route du Cap Ferret à Grand Piquey est ouverte tous les jours en saison de 10H à 13 H et de 15H à 19H.

Tableau martine Gonnin, photo Sophie Juby

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