Les gens du Ferret
1 commentaire

Marie Lou : 88 ans dont 66 années passées au village ostréicole de L’Herbe.

Marie-Lou habite le village de l’herbe, une maison typique en pin nommée Gitania. Je la rencontre dans sa cabane aux belles proportions : une cuisine, une salle à manger et trois chambres.

_DSC2008 (1) _DSC2743

_DSC1969

Dans cet univers très simple, assises autour de la table recouverte de sa toile cirée, nous allons évoquer ces 66 années, une vie à raconter doucement. Marie-lou se livre petit à petit, beaucoup de pudeur et de retenue dans son témoignage. J’écoute, partage L’émotion, la tendresse aussi au souvenir des disparus, ses frères, son mari. C’est lui qui a peint le logo Gitanes sur le fronton de la cabane. Les souvenirs sont intacts, Les yeux de Marilou pétillent, le fou rire la gagne quand elle nous raconte sa vie de jeune fille.

_DSC1953

Déjà, son surnom Marie-lou, un cadeau d’un premier amoureux. Bien sûr son mari a su, dit-elle en riant. Cet amoureux là c’était du passé quand j’ai connu Dédé.

Née dans les landes à Montségur, Marie-Lou trouve un travail à Bordeaux au service d’un marchand de meubles. Le week-end & les vacances, elle suit son patron à l’Herbe pour entretenir la maison secondaire. 1949, L’histoire s’accélère, le 14 juillet, Marie-lou rencontre Jean René Ducasse, Dédé Ducasse. Coup de foudre pour ce grand gaillard, un enfant du pays. Septembre arrive, Marie-lou retourne dans sa famille dans les landes. Une de ses sœurs, découvre la photo de Dédé dans ses bagages et s’empresse de tout raconter à la mère. La tout s’enchaîne : les amoureux ne perdent plus de temps. Présentation aux parents en novembre, mariage le 30/12/1949. Et hop, Dans la foulée la jeune femme accouche d’un fils en novembre de l’année suivante, ici dans la cabane. Marie-lou se marre : Pas de Pâques avant les rameaux, bien sûr.

Jusqu’en 1979, sa vie sera celle d’une femme d’ostréiculteur. Elle travaille dans les parcs, aide son Dédé, un courageux mais pas si fort en raison des séquelles d’une polio contractée enfant. Autrefois, le métier était beaucoup plus difficile. Toutes les opérations se faisaient manuellement, sans machine. Aujourd’hui, il y les grues pour soulever les poches d’huîtres sur les bateaux, les tapis roulants pour le tri, les bouilloires pour faire chauffer les huîtres et décoller les naissains parasites. A l’époque, on grattait avec un couteau chaque coquille, un travail long et pénible. Pas de subventions non plus pour aider l’installation des jeunes et quand Dédé disparaît en 1979, son fils Patrick ne tiendra l’exploitation que 10 ans. Pour faire ce métier il faut vraiment l’aimer. Sans la passion, on ne tient pas. Alors Marie-Lou change de travail, elle se fait engager comme cuisinière à l’hôtel de la Plage. Elle travaille avec les célèbres cousines Michou et Jeanine Condou. Faire cuire une sole du bassin, c’était facile. Elle aime son travail, les clients l’apprécient. 1983, Marie Lou prend sa retraite sans pour autant se cloîtrer dans sa cabane. Elle passe ses journées dehors, en visite chez ses voisines ou alors elle s’occupe du linge de son fils, de sa cuisine. Le soir, elle retrouve ses trois chats et les mots mêlés.

_DSC1984

_DSC1985

Elle a organisé sa vie en parfaite autonomie, elle ne veut pas déranger son fils qui habite pourtant une cabane toute proche. Elle ne conduit pas, fait ses courses par téléphone au Huit à Huit du Canon. Je paie un peu plus cher mais je ne dois rien à personne. Ici on se connaît tous, on n’est pas isolé.

Elle a raison, quelqu’un frappe à la porte, un visage jeune et tout en sourire. Rentre Caroline, la petite voisine installée depuis deux ans avec son mari pêcheur. Marie-lou s’anime, elle aime la jeunesse, surtout les petits enfants et ces jeunes couples autour d’elle, c’est une promesse de bébés.

_DSC1989

_DSC2016

Son autre passion : les animaux. Avant de partir on va faire connaissance avec ses chats. Voyou le matou roux à l’épaisse fourrure couleur caramel, si doux, une vraie peluche. La journée, Voyou se prélasse sur le canapé et le soir il dort sur le lit de sa maîtresse.

_DSC1979

_DSC1980

Ensuite il y a Scoubidou perché sur le haut du bahut. Il saute volontiers sur la table quand on l’appelle. Hier il a même atterri sur le bord de l’assiette de Marie lou et renversé sa soupe.

_DSC1951

_DSC1975 _DSC1997

La soupe, son parfum nous enveloppe depuis le début de notre rencontre. On l’entend bouillir dans la cuisine à côté. Maintenant elle doit être prête. Il est temps de prendre congés. Une bise à Marie-lou, un grattou à Voyou et je me sauve.

_DSC2004

1 commentaire

  1. Comme toujours de jolies photos ,des commentaires qui nous ouvrent la porte de cette belle dame en nous laissant bercer par l’émotion !!! Merci pour tout ce que tu offres ce sont de riches cadeaux

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s