Que Faire au Cap Ferret
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Balade dans les 44 hectares avec Stéphane Thebaut de la Maison 5

Contactée par France 5 pour présenter le début d’une émission sur le Cap Ferret, j’ai été invité à choisir un itinéraire de balade avec Stéphane Thebaut. Après avoir balancé entre l’océan et le bassin, le village ostréicole et la pointe, j’ai pensé à une déambulation depuis la cabane du Mimbeau jusqu’à la pointe de Chez Hortense à travers les mythiques 44 hectares. Toute la spécificité du Cap Ferret, son histoire passé et récente se retrouve dans ce parcours, une de mes balades favorites.

Stéphane Thébaut, la Maison 5

Nous nous sommes retrouvés devant la Cabane du Mimbeau, une des plus chouettes dégustations d’huîtres de la presqu’île avec une vue inouïe sur la conche du Mimbeau et la Dune du Pilat en arrière fond. De là nous avons gagné le bateau ponton du peintre Jean-Pierre Marladot dont je raconte l’histoire dans mon blog https://lecapferretdesophiejuby.wordpress.com/2017/08/28/rencontre-avec-jean-pierre-marladot-aquarelliste-a-la-cabane-ponton-du-mimbeau/

Cabane, Cap Ferret

La Cabane Ponton du peintre Jean-Pierre Marladot

Au passage, nous avons remarqué la curieuse maison avec son toit béton imitant le chaume. Cette villa, la Chaumière, doit son look à l’engouement colonial caractéristique du XIX siècle. Son premier propriétaire l’a construite sur le modèle d’une case de chef africain. En quittant le bateau ponton, nous avons rejoint l’avenue de la Lugue, une allée sauvage, des 44 avant de bifurquer sur la plage à la villa Isabelle, une magnifique Arcachonnaise. Au débouché d’un petit chemin de sable, la plage du Mimbeau nous est apparue avec sa vue extraordinaire sur le bassin. Là, nous avons échangé avec Stéphane. L’émission la Maison 5 en retrace l’essentiel, voici pour toi les questions et réponses que j’avais imaginé avant notre entrevue.

Stéphane Thibaut et Sophie Juby, Cap Ferret

Mon dialogue imaginaire avec Stéphane Thébaut

 

On est ici au « 44 hectares », racontez-nous  la spécificité et l’histoire de ce territoire.

Dans 44 hectares, il y a déjà un nom qui fait rêver. Il représente à lui seul l’esprit du Cap Ferret, un territoire encore très nature, planté de pins et d’arbousiers et parsemé de jolies villas anciennes. Après il y a une histoire tout a fait singulière que l’on retrouve dans d’autres sites remarquables comme le Bois de la Chaise à Noirmoutier.

Je ne voudrais pas vous ennuyer mais je pense que pour comprendre il faut un peu remonter le temps. Je m’arrête aux années 20. A l’époque le Cap Ferret reste un territoire isolé, la route vient seulement d’arriver. C’est une langue de sable et de forêts dédiée à la pêche et l’ostréiculture où Le tourisme démarre avec la découverte des bienfaits des bains de mer. Les premiers estivants viennent à la journée en bateau depuis Arcachon. Ils cohabitent avec les locaux, pêcheurs, résiniers, ostréiculteurs et douaniers.

A l’origine, le terrain comme toute la pointe appartenait à l’état qui en a confié la gestion aux Eaux et Forêts. Puis, l’administration qui désespérait de réussir à y implanter une forêt de pin l’a cédé lors d’une vente aux enchères publiques en 1908. Un groupe de particuliers s’est regroupé au sein de la Société foncière des Habitants du Cap Ferret (dirigé par Maurice Larronde) et a emporté l’enchère pour 270 300 francs. Cette société sera dissoute assez rapidement sans que la vie du quartier s’en trouve modifiée. Les voies de desserte restent privées et donc entretenues par les propriétaires du lotissement. Les services collectifs publics (poste et enlèvement des déchets) sont assurés en limite de lotissement. Ainsi vous pouvez voir des groupes de boites au lettres à l’entrée des principaux axes, le facteur ne distribue pas le courrier directement à chaque maison. De la même façon, en front de mer, l’état n’assure pas l’entretien des digues qui protègent les maisons de l’érosion maritime. Les propriétaires riverains assument seuls la charge des ouvrages de défense.

Au 44 hectares, on retrouve  des maisons à l’architecture très éclectique, mais j’ai cru comprendre, que toutes doivent pour autant respecter le fameux règlement…Dites-nous en plus.

Les premiers occupants des 44 ont monté de simples cabanes de chasse avant de construire en dur. A partir des années 20, les résidents édifient de magnifiques résidences secondaires. La Villa Isabelle et Marie-Jeanne restent mes préférées avec leur toit fantaisie et leurs multiples terrasses. Depuis les lieux se sont transformés, des constructions modernes on vu le jour comme la villa Bonjour construite en béton et aujourd’hui rhabillée de bois. Les terrains ont été divisés tel celui de la Villa Isabelle. Il a été partagé en deux et a vu l’édification d’une maison résolument contemporaine en place de l’ancien garage. Heureusement, le caractère très nature a été préservé en raison de clauses restrictives mises en place lors la vente de 1908 et du découpage du terrain qui a suivi. Le transfert de propriété était assorti d’un cahier des charges réglementant la vie du futur lotissement. Ce fameux cahier des charges s’applique toujours. Dans le secteur, il est interdit de construire des piscines, de monter des barrières de plus de X mètres et le déboisement doit se limiter à l’emprise du terrain destiné à recevoir la construction.

Quel autre secteur aimez-vous au Cap Ferret ? 

J’aime les villages ostréicoles avec leurs cabanes en bois où travaillent et habitent les ostréiculteurs du Cap Ferret. Le plus authentique reste celui de Piraillan avec une majorité de cabanes de professionnels.

Je suis très fan du côté océan. J’adore la pointe et son côté rude, sauvage. La vue sur les passes et la Dune du Pilat est fabuleuse. Je pourrais y rester des heures. Je viens y marcher en bord de mer, je remonte plein nord. Il y aussi le sentier qui suit la dune à travers la forêt, mon parcours de running. Une succession de passage en sous bois suivi de quelques marches, de chemin de sable à traverser et de sentier aménagé. C’est un parcours très nature, apaisant et sportif à la fois.

Je ne peux pas faire l’impasse sur le Banc d’Arguin dont la géographie mouvante fait le bonheur des photographes aérien. C’est un îlot de sable à la sortie du Bassin posé en face de la Dune du Pilat. On y accède en bateau après une courte navigation. C’est un lieu magique baigné d’eau cristalline. Il bénéficie d’une vue à 360° sur la pointe du Cap ferret au Nord, la dune du Pilat à l’est et la sortie du bassin à l’ouest. Je la compare à l’île du petit prince, on en fait le tour en quelques pas. Sa fragilité en fait sa beauté.

Au Cap Ferret il y a vraiment des gens très différents: locaux, les vacanciers, les bordelais qui y ont leur résidence secondaire…

Depuis l’origine l’économie du Cap Ferret tourne autour de deux pôles : le tourisme et l’ostréiculture.

Les premiers à coloniser la presqu’île sont les excursionnistes qui créent le tourisme à la journée depuis Arcachon et les pêcheurs qui viennent aussi depuis l’autre côté du bassin. Cette singularité demeure. Aujourd’hui, je dirais qu’on trouve trois catégories de personnes : les locaux qui travaillent ici, artisan, ostréiculteur et personne vivant du tourisme, les bordelais et les parisiens. Le parisien c’est l’étranger, touriste à la journée ou nouveau propriétaire qui vient uniquement pour les longs week-ends et les vacances scolaires. Tout ce petit monde cohabite assez bien.

Vous tenez aussi un blog culinaire sur Bordeaux ? Quelles sont les spécialités à ne pas manquer ici au Cap Ferret, bien sûr en dehors des huitres ?

Vous avez raison d’associer l’huître et le Cap Ferret. L’ostréiculture fait à la fois l’image et l’économie du Cap Ferret. Il y a le côte typique presque folklorique des villages ostréicoles avec les cabanes en bois et les terrasses de dégustation où l’on mange les pieds dans l’eau le regard posé sur la dune du Pilat. Mais au delà du folklore, il y a des femmes et des hommes qui vivent ici et qui travaillent au quotidien. Cela nourrit l’économie du pays et garde au Cap Ferret un côté très authentique. L’ostréiculture est un métier difficile, ils ne trichent pas avec la nature.

On ne doit pas oublier le poisson du bassin. Au Cap Ferret, on continue de pratiquer la pêche de petit bateau. A l’année on trouve de la sole, du turbot et selon les saisons du maigre, du mulet, de la bonite et du rouget. Plusieurs pêcheurs vendent en direct dans de petites cabanes. Il n’y a rien de meilleur qu’une jolie sole du bassin au beurre citron.

Sur une table du Cap Ferret, vous trouverez certainement des dunes Blanches, un chou crème fouetté remis à la mode par Pascal, un boulanger de Grand Piquey.

On peut aussi citer les canelés Lemoine même si le petit gâteau qui accompagne notre café est avant tout bordelais.

Quelles sont les idées reçues sur Le Cap Ferret ?

Le Cap Ferret fait fantasmer la presse. Maisons de stars, repaire de people, les magazines nous servent un sujet Cap Ferret chaque été. Attention la presqu’île c’est très Côte ouest, la bohême chic certes mais ni star, ni paillette. De toute façon ici, impossible de faire le show. Pas de croisette pour se montrer en belle voiture, pas de plage privée et un petit port de plaisance où ne rentrent que les bateaux de longueur inférieure à 7 m 50.

Ici c’est un mélange de Figaro madame et de Californian Dream.

 Votre passion pour le Cap Ferret continue, car je crois savoir qu’aujourd’hui vous travaillez à l’écriture d’un livre ayant pour « décor » le Cap Ferret..

 Mon livre est terminé, Une année au Ferret, du ciel à l’enfer sortira en mai 2018.

Cette année au Ferret, (titre non définitif) c’est un roman qui met en scène Marie, une femme dans la quarantaine confrontée au besoin d’une vie qui fasse sens, loin du confort routinier d’un chemin tout tracé. C’est l’histoire d’un lâcher prise qui bascule en love romance et se termine en bad trip.

J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire sous un autre format. J’espère que les lecteurs du Blog me suivront dans cette belle aventure.

Merci Stéphane pour la balade, revenez quand vous voulez au Cap Ferret.

La Maison 5 au Cap Ferret

L’itinéraire

  • Départ / Arrivée : La cabane du Mimbeau au bout du village ostréicole du Cap Ferret
  • Prendre à droite, longer les maisons, se diriger vers le fond de la conche du Mimbeau
  • Stop photo à la cabane ponton
  • Prendre le chemin de sable en direction des 44 hectares.
  • Avenue de la Lugue jusqu’à l’allée des pinsons. ensuite à gauche vers la plage
  • La Villa Isabelle ( belle Arcachonnaise) est sur votre droite
  • De là retour par le chemin caché qui longe les villas.
  • Retraverser la conche et retour à la Cabane du Mimbeau

Variante

  • Depuis la Villa Isabelle, prendre sur la droite le perré cimenté.
  • Longer le bassin tant que cela sera possible.
  • Lorsque le chemin disparaît, à droite puis 1ère à gauche sur l’Avenue de la Lugue
  • On arrive au Rond point de Chez Hortense.
  • Avancer vers le bassin.
  • De là, superbe vue sur la Dune du Pilat

De la Villa Isabelle à Chez Hortense. Une jolie balade à la découverte des villas anciennes de Mimbeau

 

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