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La pointe du Cap Ferret : Quel avenir ?

 

Depuis des années, l’extrémité sud du Cap Ferret, la pointe, perd son sable en quantité. L’érosion est une réalité sur la presqu’île. Les autorités étatiques ont constaté l’importance du phénomène et décidé la fermeture de la plage du Mirador en 2016. https://lecapferretdesophiejuby.wordpress.com/2016/04/30/la-plage-de-la-pointe-fermee/ Le reste semblait sous contrôle jusqu’à ce mois de février 2019 où l’accès au rivage côté bassin a été interdit depuis Chez monsieur Bartherotte jusqu’à chez Hortense. Là, on ne parle pas de risque de submersion mais d’effondrement des ouvrages de défense.

La pointe du Cap Ferret, fragile langue de sable et de pins. Entre bassin et océan

Que faut-il en penser ? Quel avenir pour la pointe du Cap Ferret ? Quel avenir pour les habitants de Lège Cap-Ferret ?

Le sujet est vaste, complexe. Les enjeux environnementaux et patrimoniaux sont conséquents. J’ai donc décidé d’enquêter sur le sujet, d’aller à la rencontre des différents acteurs sur le terrain. Je vous livrerai mon éclairage sous forme de plusieurs billets. En premier, je vous expose les faits, en second la stratégie locale telle qu’on peut la comprendre en lisant les documents mis en ligne sur le site de la mairie. En dernier, je rapporterai les propos de personnalités concernées de très près par le dossier.

Pour mieux comprendre, voici les faits récents :

Par courrier daté du 6 février 2019, le préfet de la Gironde Didier Lallement a demandé au maire de Lège-Cap-Ferret :

  • d’interdire, sans délai, au titre de son pouvoir de police, tout cheminement du public sur les ouvrages depuis chez Hortense jusqu’à la pointe et de procéder à la fermeture au public des différents accès à ces ouvrages
  • d’intégrer sous 3 mois, dans son plan communal de sauvegarde, un plan de gestion de crise pour la pointe et la zone des 44 hectares permettant d’anticiper les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages. Ce plan devra notamment prévoir les procédures d’évacuation d’urgence des populations
  • d’actualiser, dans le même délai, sa stratégie de rechargement de la plage et de la dune pour tenir compte de l’accélération de l’érosion dunaire et des départs répétésdes sédiments apportés en urgence cet hiver. Cette stratégie devra être élargie à l’ensemble du périmètre de la pointe
  • de produire, avant l’automne prochain, l’évaluation environnementale prescrite par l’arrêté préfectoral du 29 décembre 2017 concernant le plan pluriannuel de rechargement
  • de lancer d’ici 6 mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020, considérant que la lutte active contre l’érosion ne pourra être que temporaire, au vu de l’évolution du site et de sa configuration
  • d’engager dans les meilleurs délais, l’information des habitants de la pointe.

Suite à ce courrier, la mairie a pris un arrêté d’interdiction de circulation sur les perrés. Elle a aussi condamné par des barrières métalliques les accès qui mènent au bassin. L’annonce de la fermeture du chemin côtier depuis chez Hortense jusqu’à l’extrémité sud de la pointe fut suivi d’une salve d’articles dans la presse locale et nationale. Tous les journalistes ont repris le communique de presse de la préfecture. Visiblement à Paris, on s’inquiète.

Et Ici ? L’arrêté municipal ne semble pas avoir déclenché de tsunami, pas même une vaguelette. Sur le marché du Cap Ferret, j’ai recueilli des propos amusés : Moi, je suis assez content. Dans quelques années, je serai en première ligne.

Visiblement, on ne s’affole pas au fond des cabanes en bois.

Les ouvrages de défense à la Pointe du Cap Ferret. Aujourd’hui interdits à la circulation des piétons

Toutefois, l’interdiction est bien réelle. Sera-t-elle levée prochainement ? Quels sont les risques ?  Voici en premier le point de vue de la municipalité sous la forme d’une interview de madame Aurélie Delabre, directrice du Cabinet du Maire de Lège-Cap-Ferret.

  1. Le préfet, monsieur Didier Lallement vous a demandé d’interdire le cheminement côtier à l’extrémité est de la Pointe. Cette demande vous-a-t-elle surpris ?

Aurélie Delabre : – OUI –

  1. Le préfet motive sa demande par les conclusions d’une note d’expertise rédigée par la CEREMA datée de septembre 2018. Avez-vous eu connaissance de cette note avant février 2019 ?

Aurélie Delabre : – Pas du tout –

  1. Avez-vous été contactée par la CEREMA en tant qu’acteur privilégié du dossier ?

Aurélie Delabre : – Non –

  1. L’étude de la CEREMA avance que « l’ensemble du front de mer des 44 ha, constitué d’ouvrages construits hors des règles de l’art et à la stabilité précaire est exposé également à un aléa très fort de franchissements par paquets de mer du fait des phénomènes turbulents associés aux courants de marées en sortie du bassin d’Arcachon et à l’agitation liée aux vagues en cas de tempêtes. ….

Le risque principal pesant sur ce secteur est cependant la survenue d’effondrements et d’une ruine des ouvrages.

Quel est votre avis sur cette affirmation ?

Aurélie Delabre : – La mairie n’a pas d’avis sur le côté technique par contre elle ne veut pas risquer la sécurité des personnes. Le Maire a pris acte de la demande du préfet. (voir arrêté d’interdiction de circulation) –

  1. Qui finance les travaux côté bassin ?

Aurélie Delabre : – Ce n’est pas du ressort de la mairie. La loi de 1807 donne obligation aux propriétaires de défendre et d’entretenir. Au fil des années, ils ont réalisé des ouvrages de protection. Ceux-ci sont situés sur le Domaine Public Maritime. La mairie n’a pas la charge de vérifier l’état des perrés. Leur gestion relève des relations entre les services de l’état et les propriétaires. –

  1. Et l’avenir ? Allons-nous vers une réouverture du cheminement ou une interdiction prolongée ? Défense ou repli ?

Aurélie Delabre : – Le Maire souhaite protéger le littoral et mettre en sécurité les habitants. Il faut trouver une solution avec les riverains et l’état.

Le cheminement est interdit jusqu’à nouvel ordre. Il n’y a pas de date de fin à l’arrêté municipal, ceci par manque d’informations. Pour rouvrir, il faudrait apporter le gage de la solidité des perrés.

  1. Avez-vous travaillé sur les autres demandes du préfet : plan de gestion de crise pour la pointe, plan de relocalisation, plan de rechargement de la pointe ?

Aurélie Delabre : – Depuis 2015, la municipalité travaille sur une stratégie locale de gestion du trait de côte. Ce faisant, elle applique au cadre local une stratégie nationale. Elle est accompagnée dans cette démarche par le GIP littoral Aquitain. Trois délibérations ont été votées à l’unanimité au conseil municipal (mai 2017, 8 mars 2018, copies sur le site de la Mairie).

La politique locale se décline dans le temps avec des actions urgentes (comme le rechargement de la pointe cet hiver), des actions à moyens terme (lutte souple côté océan) et des actions à long terme.

Côté océan, la reconstruction de la dune est actée. Nous travaillons sur le financement des travaux en sachant que nos interlocuteurs publics ont tous des règles d’actions différentes. Il nous faut coordonner le calendrier des subventions.

Côté bassin, nous aiderons les propriétaires à se réunir pour qu’ils agissent en concertation et non plus de façon isolée.

Concernant l’étude d’une relocalisation et donc l’abandon d’une partie de la côte est de la pointe, nous manquons d’outils techniques et juridiques. Nous recherchons des solutions innovantes. –

  1. Un mot pour conclure ?

Aurélie Delabre : – L’équipe municipale fera tout pour protéger son territoire et ses habitants avec ses partenaires en étudiant des solutions à court, moyen et long terme. Pour autant, nous n’écartons pas l’étude d’une recomposition spatiale. –

Je remercie madame Delabre pour ces éclaircissements. C’est une base de réflexion. Il nous reste à comprendre la stratégie locale. Pour cela, il existe des documents sur le site de la mairie à la rubrique environnement. http://www.ville-lege-capferret.fr

J’ai téléchargé trois résolutions municipales datées de mai 2017 et mars 2018. Et surtout j’ai trouvé en ligne les rapports CASAGEC-ADAMAS. Il s’agit d’une étude de la problématique, des phénomènes en présence. Puis un second rapport traite des différents scénarii  possibles entre laisser-faire, lutte souple ou protection dure et enfin une proposition de communication au public.

Cela fait beaucoup d’informations. Je vous parle de tout cela dans le prochain billet. A très vite.

Pour ceux que le sujet intéresse, vous trouverez dans la rubrique Erosion de ce site d’autres articles et Photos datant de 2014, 2015 et 2016.

pour mémoire : https://lecapferretdesophiejuby.wordpress.com/2015/10/27/erosion-du-littoral-au-cap-ferret-les-images-du-jour/

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